L’HISTOIRE ET L’INTERPRETATION

L’histoire comme connaissance serait née avec Hérodote (480-420 av Jc). En grec historia signifie : enquête. C’est une recherche qui concerne les évènements et les faits.

L’histoire des hommes est constituée d’actions éphémères ce ne sont pas des faits naturels qui durent ou des objets techniques ou des œuvres d’art. L’histoire humaine doit donc connaître les actions éphémères des hommes pour les conserver dans la mémoire. C’est en cela qu’elle se distingue de l’histoire naturelle dont l’objet est toujours présent.

On cherche la cause des faits historiques on cherche donc à écarter tout merveilleux dans les explications, l’histoire se distingue donc de l’explication religieuse.

L’historien doit donc viser l’impartialité, il ne doit donc pas prendre parti autrement dit il ne doit pas faire intervenir sa subjectivité dans son récit.

La définition de la connaissance historique peut donc être la suivante : le récit explicatif des actions humaines réelles en vue d’en garder la mémoire, récit qui doit être impartial et qui doit être vrai.

Le problème qui se pose sera alors le suivant :

Comment la connaissance historique est elle possible ?

En effet, les évènements auxquels fait référence l’historien sont passés, il ne reste que des traces qu’il faut interpréter : est il possible d’être objectif dans ces circonstances ?

Quelle est la part d’interprétation dans l’histoire ? Que signifie interpréter ?

1-     1a subjectivité dans l’histoire

a-     les documents sont reconstruits

Les faits historiques ne se constatent pas : ils sont reconstruits à partir de documents et de monuments qui sont les traces de ces actions comme le souligne Lucien Fèbvre dans Combats pour l’histoire..

Se pourrait-il que l’historien raconte des histoires en croyant raconter l’histoire ?

En effet, on ne peut pas répéter les évènements pour déterminer si les hypothèses sont valables comme dans les sciences. Comment choisir entre les documents ceux qui ont de l’importance et ceux qui n’en ont pas ?

b-      l’interprétation

L’historien appartient à une culture, il en partage les intérêts et les valeurs, ses choix documentaires en dépendent aussi comment pourrait-il être impartial c’est à dire dépasser son point de vue particulier vers un point de vue universel ou la vérité ?

A –t-il raison de viser l’objectivité  alors qu’il ne peut parler qu’à partir de lui même, de sa subjectivité ? On devrait donc dire qu’il n’y a que des interprétations en histoire.

Si l’on dit qu’il n’y a que des interprétations en histoire alors on sombre dans le relativisme car toutes les interprétations se valent.

Or que fait-on de l’existence des traces qui témoignent du passé ( documents, monuments, vestige archéologiques) ? Elles montrent bien qu’il y a eu un passé véritable.

C’est la capacité à proposer les thèses corroborées pas les traces qui constitue l’objectivité de l’historien.

c- la différence entre histoire et propagande

Les tentatives de falsification de l’histoire se sont heurtées à cette objectivité. Celle ci s’est avérée impossible à nier lorsque les fonctionnaires du  régime Stalinien tentaient d’ effacer les traces de l’existence de ceux qu’il avait renié en essayant de faire disparaître leurs photos ou leurs articles  de la presse.

L’historien peut atteindre l’objectivité en désignant clairement ce qu’il ignore. Il se distingue du propagandiste qui arrange les faits pour la cause qu’il défend.  C’est pourquoi l’interprétation des nazis ou des staliniens ont été un modèle de subjectivité en histoire c’est à dire d’interprétations que l’on ne cherche pas à prouver et qui ont pour but, non pas la connaissance mais la justification de certaines actions politiques.

 

2-     L’impartialité de l’historien

a-     la neutralité de l’historien

L’impartialité serait l’absence de prise de position de l’historien relativement aux faits. Mais comme le souligne Rousseau dans Emile livre IV « «  Sans altérer même un trait historique, en étendant ou resserrant des circonstances qui s’y rapportent, que de faces différentes on peut lui donner » . Cela signifie qu’on peut faire dire ce que l’on veut à un événement en histoire cela dépend de l’angle avec lequel on juge ce qui s’est passé. Donc tout dépend du jugement de l’historien. Il faut que celui s’efforce de rester neutre.

Comment un historien pourrait-il s’empêcher de prendre parti ?

Imaginons la description d’un camp d’extermination qui s’efforcerait d’éliminer lesq termes qui impliquent un jugement moral tels que : meurtre, torture …

L’historien serait alors considéré comme un monstre insensible. Le jugement moral est impossible à éliminer en histoire car cela reviendrait à prendre parti pour l’immoralité.

b-     l’examen et le jugement

L’impartialité entendue comme examen de toutes les parties et  jugement qui  résulte de l’étude de leurs arguments vise la vérité. L’historien doit chercher à comprendre les valeurs qui s’opposent aux siennes. Par exemple l’historien actuel cherchera à comprendre une institution comme l’esclavage dans la Grèce antique. Il pourra trouver des formes d’esclavage qui étaient moins dures que les conditions de vie des libres travailleurs du 19ème siècle ou du tiers monde aujourd’hui. S’il rejetait cette institution ou s’en servait pour justifier de nouvelles entreprises de domination, il serait partial.

c-     L’appartenance à une culture

Dire que l’historien parce qu’il appartient à une culture et à une société et que de ce fait il ne peut être impartial parce que c’est à partir de cette appartenance qu’il juge et examine les traces du passé est une objection que l’on peut critiquer de deux manières.

L’histoire est recherche des origines et donc elle permet une mise à distance de l’historien par rapport à sa culture et ses valeurs. Cela lui permet donc de mettre en perspective son présent et de mieux le comprendre. L’histoire a donc pour cause une  distance réfléchie par rapport au présent et même pour effet.

D’autre part, l’absence de recherche historique est adhésion irréfléchie aux valeurs transmises par la tradition de sa propre société.

Elle permet de détruire les préjugés concernant le présent. Par exemple, soit l’idée selon laquelle le temps de travail diminue grâce au progrès technologique.

Un enquête historique montre qu’au moyen âge on ne travaillait qu’à peu près la moitié de l’année. Il y avait 141 fêtes chômées ( cf Hannah Arendt Condition de l’homme moderne)

Le temps de travail diminue depuis le 19ème siècle car à cette époque il avait augmenté en dehors de toutes  proportions. Le progrès technique ne facilite pas nécessairement l’existence humaine.

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