BERGSON

INTRODUCTION

Ce texte écrit par Bergson philosophe du XXème siècle, porte sur le thème de la conscience.

La question que pose l’auteur pourrait se formuler ainsi : la conscience animale est-elle assimilable à la conscience humaine ?

Sa réponse ou thèse est la suivante : la différence est radicale entre la conscience animale et la conscience humaine.

Les grandes lignes de l’argumentation de cette thèse sont les suivantes : Après avoir annoncé sa thèse, l’auteur va argumenter en trois étapes. La première consiste à dire pourquoi cette différence est radicale. Ensuite il nuance l’expression de conscience animale en référence à la marge de liberté qu’offre la conscience à l’animal. Puis il conclut sur la différence pour en préciser le lieu.

Le problème philosophique que soulève cette thèse concerne l’usage de la notion de conscience en ce qui concerne l’animal. En effet peut-on parler de conscience pour l’animal comme laisse entendre Bergson et à quel niveau ? Si on reconnaît une conscience à l’animal ne  remet-on pas en cause la supériorité de l’homme ?

Par delà l’affirmation et le constat de la différence qui sépare les consciences des deux êtres considérés, l’auteur recherche le lieu de cette différence. Il n’ya ici aucune considération hiérarchique mais plutôt une analyse de la spécificité de la conscience humaine.

Dès l’abord, l’auteur pose une différence entre deux types de conscience : la conscience animale et la conscience humaine. C’est-à-dire que d’une part il y a reconnaissance d’une conscience animale, ce qui peut nous surprendre étant donné que la philosophie classique a cherché à distinguer l’humain de l’animal à partir de la conscience. Et d’autre part, il ya donc communauté de faculté entre l’humain et l’animal. Quel est le caractère de cette faculté ?

L’auteur précise la définition qu’il donne à la conscience dans sa généralité : «  la puissance de choix dont l’être vivant dispose ». C’est-à-dire que, autant pour l’humain que pour l’animal il y a une marge de liberté qui caractérise la conscience de chacun. Quelles sont les limites de cette liberté respective à l’animal et à l’humain ?

En fait il y a «  coextension » entre «l’action possible » et l’action réelle » ce qui fait que conscience et synonyme « d’ invention et liberté ». Que peut-on comprendre à ces expressions qui paraissent obscures au premier abord ?

Il est question d’action, on peut comprendre que dans une situation donnée, l’être considèrera un ensemble d’éléments qui vont ouvrir la possibilité d’agir. C’est-à-dire que la réponse apportée à la situation n’est pas entièrement déterminée par cette dernière. La conscience, comme ensemble de représentations d’action possibles, est alors synonyme d’invention car l’action réalisée n’est pas la simple conséquence mécanique des données : elle ajoute quelque chose à celles-ci.

Elle est synonyme de liberté car dès lors que plusieurs actions sont possibles, il y a intervention d’un choix qui n’en réalisera qu’une et là où se propose un choix authentique, on admet l’absence d’un déterminisme strict, et l’intervention d’une liberté. Aussi reconnaître une conscience à l’animal c’est le penser capable de liberté.

C’est pourquoi Bergson dans la deuxième étape va préciser la marge de choix qui est laissée à l’animal. Il affirme que l’animal est capable d’invention mais son invention n’est rien de plus que « une variation sur le thème de la routine ». Le terme de variation indique que la possibilité d’inventer une réponse est déjà limitée : c’est autour d’une réponse préformée que l’animal ajoute de légères variante. La principale réponse est imposée à l’animal par «  les habitudes de l’espèce ». C’est à dire ce qu’on appelle ordinairement l’instinct et l’ensemble des savoirs faire innés, inscrits dans le patrimoine génétique et figés dans leur perfection. A  chaque animal Bergson attribue une initiative individuelle, mais ses effets ne sont pas considérables. Elle «  élargit », la réponse instinctive, mais ne s’en détache pas totalement. La réponse est au mieux, adaptée aux caractères particuliers d’une situation mais le principal de qui la constitue demeure inchangé.

L’auteur parle «  d’automatisme », l’animal n’échappe pas à son hérédité, elle forme une «  chaîne » qui le retient entre les «  portes de sa prison ». Autrement dit, le vivant s’inscrit dans une évolution et c’est dans cet effort d’adaptation à ses conditions de vie que Bergson envisage une conscience de l’animal. La conscience est alors cet effort pour réagir de manière adaptée aux sollicitations du milieu. On le voit ici, il « élargit » sa réponse, il élabore une stratégie de réaction. Mais et c’est là que se différencient l’humain et l’animal : cette stratégie est tributaire du patrimoine instinctif de l’espèce. C’est cela sa « chaîne ». La réaction est prévisible, car l’animal va réagir instinctivement. On peut penser que fort des théories Darwiniennes de l’évolution des espèces, Bergson introduit l’idée d’évolution au niveau métaphysique et anthropologique.

Tous les êtres, sont concernés par l’évolution et donc ont une marge de variation et de conscience : c’est une idée métaphysique. C’est-à-dire qu’elle ne peut être prouvée. Par contre lorsque Darwin constate une évolution des espèces, il se base sur les faits et parle d’évolution biologique.

Bergson est philosophe, il parle d’idées.

Dans dernière étape du texte Bergson met en évidence le lien entre conscience et liberté et distingue plus précisément conscience animale et conscience humaine.

Alors que l’animal ne fait « qu’allonger la chaîne » c’est-à-dire se relier à la dynamique évolutive de son espèce par l’intermédiaire des variations génétiques, l’humain lui, «  brise » cette chaîne ». On doit comprendre que l’individu humain est seul responsable de son évolution, il n’est pas déterminé par son hérédité, il met librement au point des solutions radicalement nouvelles aux problèmes qu’il rencontre. Pour l’humain seulement on peut parler de liberté, et la liberté signifie ici l’absence de déterminisme par rapport à l’ordre des choses et des situations nouvelles mais aussi relativement à toute transmission génétique.

Ce n’est donc pas une possible supériorité de l’homme sur l’animal qui est en question ici, mais c’est plutôt la possibilité pour l’humain de développer une culture dont il est question dans ce texte.

C’est pourquoi on peut dire que ce que l’auteur désigne par conscience dans ce texte est l’ensemble des productions culturelles à l’intérieur desquelles se réalise la liberté humaine. Parce qu’elle est détachée de la «  routine », de l’instinct et de l’hérédité, la culture peut définir les conditions de vie toujours nouvelles pour l’homme. La culture est à la fois, le résultat et la condition de la liberté.

Conclusion

Ce texte nous a montré que l’humain a une conscience dont la portée le rend capable de rompre les chaînes des déterminismes naturels. Tous en attribuant une conscience à l’animal, Bergson confirme que cette dernière est hétérogène à celle de l’homme. D’une part elle continue à jouer les déterminismes biologiques alors que la conscience humaine, est liée au déploiement de la liberté. L’une reste engluée dans la nature, l’autre émerge dans la sphère culturelle.

 

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