LA MORALE, LE DEVOIR ET LE BONHEUR, LA LIBERTE, LA RELIGION

LA MORALE, LE DEVOIR ET LE BONHEUR, LA LIBERTE, LA RELIGION

INTRODUCTION

Les questions du devoir et du bonheur relèvent des discussions morales et éthiques ( du Latin Mors et du Grec Ethos) . Ils désignent les règles de conduite admises par un groupe à un époque donnée. En philosophie on s’intéressera à l’examen du bien fondé de ces règles. Dans l’antiquité, le bonheur est l’objet de la réflexion éthique et la question se pose de savoir si le bonheur et la vertu sont conciliables. Pour y répondre on se demandera : Sur quoi se fonde l’idée du devoir ? Reste-t-il une place pour le bonheur lorsque l’idée de devoir règle nos vies ?
Quelles difficultés rencontre-t-on dans l’application d’un principe moral ?

I – LE BONHEUR ET LA VERTU

Dans la vie le bonheur semble exclure la morale doit-on choisir entre les deux ?
1- Le bonheur est un souverain bien :
Aristote dans l’Ethique à Nicomaque nous dit que toutes nos actions ont un but, le but le plus précieux de toutes nos actions se nomme : souverain bien.
Aristote définit une morale eudémoniste du grec eudémonia : la bonne destinée.
Il se demande qu’est ce qu’une bonne vie ?
La réponse à cette question est la suivante : une bonne vie c’est lorsque l’on réalise sa nature. Pour l’homme réaliser sa nature c’est mener une vie réfléchie, dans laquelle on délibère avec prudence de l’exercice des vertus. Celles ci sont au nombre de quatre : sagesse, tempérance, courage et justice. Une vie heureuse est sociale et emplie du plaisir d’agir moralement, elle mène à l’estime de soi. Pour Aristote, le souverain bien, est l’union du bonheur et de la vertu.
2- La morale et le bonheur
Socrate affirme que « Nul n’est méchant volontairement » dans le livre V des Lois de Platon et qu’ « il vaut mieux subir l’injustice que la commettre ». Pour Platon, la moralité est la condition du bonheur. Les Stoïciens s’en inspireront en disant comme Marc Aurèle et Epictète que l’univers est dirigé par un destin auquel le sage doit se soumettre pour ne pas éprouver de douleur. Il sera alors heureux quoiqu’il arrive puisqu’il pratique la vertu.
Mais suffit-il d’être vertueux pour être heureux ?
3- Le plaisir et la morale
Epicure fait du plaisir la base du bonheur et le but de la morale, il propose ainsi un Hédonisme du grec hédoné : plaisir. Mais comme la recherche du plaisir peut-elle fonder la morale ?
Pour Epicure cette recherche est raisonnée. Il ne recommande pas une consommation effrénée des plaisirs mais il dit : « Le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal, seulement il y a des cas où nous traitons le bien comme un mal et le mal comme un bien ». Il faut donc exercer les vertus du discernement, de la patience, de la tempérance. Mais il n’y a pas pour Epicure de conduite morale valable en elle même, la valeur d’une conduite est fonction de son utilité en vue du bonheur. Pour Epicure est mal « ce qui fait mal », il n’y a pas de devoir moral aucune valeur transcendante, supérieure à notre intérêt.
Les morales antiques se posent la question de savoir : quel est le but de l’existence humaine ? Ce sont des morales Téléologiques, du grec Télos : but, fin. Pour ces morales, cette fin est le bonheur. C’est en fonction du bonheur que l’homme doit réaliser l’accomplissement de sa nature. Bonheur et devoir sont intimement liés.
Si les morales antiques sont des morales du bonheur, elles s’opposent aux morales du devoir.

II LES MORALES DU DEVOIR

1- L’obligation morale

Les morales du devoir ou Déontologiques du grec Déon : ce qu’il faut faire ; se demandent : A quoi suis-je moralement obligé ?
Le mot devoir réfère à la nécessité naturelle comme les lois de la physique ( l’eau boue à 100°c) et à la nécessité juridico-politique dans laquelle on trouve l’idée d’obligation morale.
La première raison d’être des obligations morales est la protection des hommes contre leur propre violence. « Tu ne tueras point » est la première forme du devoir et se manifeste par l’interdit. L’obligation à laquelle tous les hommes se plient dans le monde ou obligation commune ou encore règle d’or est celle selon laquelle on ne doit pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’il nous fasse. Elle possède deux particularités :
1- elle n’interdit ou n’autorise aucune action
2- elle contient sa propre justification : le principe de réciprocité.
Ce qui est valable pour moi est valable pour autrui et réciproquement.

3- L’altruisme et la morale : la morale pratique

Si la morale antique du bonheur est accessible aux seuls hommes d’exception, la morale du devoir repose sur un principe rationnel qui peut être compris par tous. Kant énonce le fondement rationnel du devoir dans – La critique de la raison pratique- :
« Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ».
Le mot maxime désigne la règle de conduite que l’on s’est fixée, les actions qui constituent un devoir pour Kant sont celles qui peuvent être universalisées c’est à dire que l’on ferait quelles que soient les circonstances et quels que soient nos désirs.
Autrement dit, on n’est pas un être bon parce qu’on accomplit une bonne action. Les vertus antiques comme le courage, la patience, la maîtrise de soi peuvent servie à perpétrer de mauvaises actions. Ce ne sont pas les moyens avec lesquels on agit qui peuvent être dits bons, seule la volonté de les utiliser à des fins morale est bonne. Pour être morales, nos actions doivent être accomplies par devoir et non par désir même si ces désirs sont honorables. Car lorsque nous agissons par plaisir nous n’avons la preuve du devoir. Le devoir consiste à agir sans tenir compte de notre désir d’être heureux. Il commande sans condition c’est : un impératif catégorique . Notre devoir envers autrui est de respecter sa dignité car autrui est aussi capable de se déterminer moralement. Kant donne une deuxième formulation à l’impératif catégorique :
« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne d’autrui, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen »
Cela signifie que l’on ne doit jamais envisager la relation humaine en fonction de l’intérêt que cette relation peut générer pour nous et pour tout autre. C’est la même chose vis à vis de nous mêmes, se respecter soi même c’est être la fin de nos actions et non le moyen de celles ci. Par exemple se servir de son apparence physique pour séduire ou pour effrayer ou de ses appuis et avoir plus facilement ce que l’on veut au lieu de chercher à atteindre ses buts en déployant l’action dont on est capable même si l’on échoue.
Ces règles rendent chacun d’entre nous libre de prendre les décisions que lui dicte sa volonté.
C’est l’autonomie qui nous rend capable de liberté par opposition à l’hétéronomie qui est l’obéissance aux lois par intérêt et non par devoir. L’homme est naturellement libre encore faut il qu’il prenne en charge cette liberté.

Que devient alors la question du bonheur dans les morales du devoir ?

c- Le bonheur dans le devoir

Pour Kant le fait d’obéir au devoir ne nous apporte pas le bien suprême, le souverain bien : le bonheur ici bas.
L’épicurisme, propose une morale qui est un simple moyen d’arriver au bonheur. Le Stoïcisme, propose de ramener nos désirs à ce que nous offre la réalité et oublie les conditions concrètes du bonheur.
Avec Kant, le devoir peut nous rendre digne d’être heureux, nous devons le mériter. Il serait donc injuste qu’il ne nous soit pas accordé.
Si nous sommes soumis aux lois de la nature, nous sommes aussi capables d’autonomie, de nous donner à nous mêmes des règles de conduites. Aussi, il serait injuste que le bonheur ne nous soit pas accordé dans ce monde, et nous avons donc de bonnes raisons de croire aux promesses de la religion, mais nous ne pouvons jamais savoir si elles sont fondées. C’est grâce à cette incertitude que nous pouvons faire notre devoir sans tricher.
Quels sont les effets de ces différents types de morale dans la réalité ?

III LE PRINCIPE DE LA MORALITE

1- La morale et la réalité
L’impératif catégorique Kantien ne souffre aucune exception. On ne peut pas s’excepter de la règle morale que l’on voudrait que les autres observent. La morale de Kant a donc une grande valeur. Mais il peut arriver que nous soyons dans notre vie aux prises avec un conflit des devoirs. Kant prend un exemple : Un homme vient se cacher chez lui parce qu’on veut le tuer. Que doit-il faire ? Le dénoncer, c’est le tuer, mais ne pas le faire c’est mentir. Or, on ne doit pas mentir car cela enlève toute signification à l’acte de parler : en mentant je mens à l’humanité. ( dans Du droit de mentir par humanité)
On pourrait soutenir avec Benjamin Constant ( -1767-1830- contemporain de Mme de Staël, activiste politique et critique littéraire.) que l’on ne peut appliquer aveuglément un principe abstrait, on doit retirer un avantage de la vérité ; on doit donc être opportuniste. Le devoir dépend des circonstances, il est un principe intermédiaire.
Mais on peut se demander si l’obéissance absolue à un principe ne risque pas d’aboutir à l’inverse de ce qu’avait pensé Kant.
Etre indifférent aux conséquences de nos actes c’est nous demander de valoriser simplement l’obéissance qu’advient-il alors de notre faculté de juger et d’examiner les ordres qui nous sont donnés ? Un homme honnête doit-il obéir à tous les ordres qu’on lui donne ? N’a-t-il pas aussi la liberté de résister ?
( voir le cours sur la politique : la désobéissance et la liberté)

IV- La liberté : définition et problèmes

A partir de la lecture du texte de Leibniz , voyons quels sont les différents sens de la notion de Liberté.
D’abord une petite biographie concernant Leibniz. Né à Leipzig en 1646. Il découvre le calcul infinitésimal en 1676 en même temps que Newton. Il s’efforça de construire une logique qui soit une langue universelle.
Dans son « Nouvel Essai sur l’entendement humain » Leibniz définit les différents sens de la notion de liberté en quatre points.

A- Définition

1- La liberté de droit :
Elle se divise en liberté juridique et politique.
a- La liberté juridique : elle concerne les personnes juridiques c’est à dire les individus qui sont jugés responsables devant les Lois. Donc les enfants parce qu’ils sont mineurs et les esclaves ne sont pas reconnus comme susceptibles d’avoir les libertés définies par les codes et les Lois.
b- La liberté politique : Elle définit les citoyens par opposition aux sujets. La différence entre les deux est la suivante : les citoyens participent à la vie politique alors que les sujets sont soumis au pouvoir absolu.
2- La liberté de pouvoir :
Elle fait partie de la liberté de fait qui est la deuxième catégorie comprenant toutes les autres formes de liberté : celle qui concerne le pouvoir et celle qui concerne la volonté.
C’est avoir les moyens de faire ce que l’on veut. C’est la manière commune de comprendre la notion de liberté. Elle se fonde sur une pensée quantitative de la liberté et non qualitative.
a- On la pense dans la perspective de degrés : En effet on dit que l’argent ne donne pas la liberté mais que la richesse contribue à l’accroître. Car on a plus de liberté de se déplacer dans le monde ou d’acquérir ce que l’on désire. On pense donc cette liberté ans le cadre du « plus ou du moins ». C’est la même chose pour la santé, on estime que l’handicapé est moins libre qu’une personne bien portante.
b- On pense une grande variété de liberté de pouvoir : comme la liberté physique ou psychologique ou financière ou intellectuelle.
3- La liberté de la volonté :

a- La liberté morale :
Elle est une partie de la liberté de la volonté. C’est la capacité à vouloir comme il faut, c’est à dire d’après des principes que l’on se donne à soi même. C’est la capacité à s’obliger en se libérant de ses passions et des influences extérieures à agir en toute conscience de ses responsabilités. L’attitude morale n’est donc pas un conformisme ou un devoir extérieur auquel nous serions contraints ici.
b- Le libre arbitre :
Il est une partie de la liberté de la volonté. C’est l’idée selon laquelle nous sommes les auteurs de nos actions, même les raisons ne sont pas les causes de celles ci. Si elles l’étaient nous serions déterminés à agir par une cause extérieure. Les raison ou principes que nous nous donnons orientent nos actions mais ne les déterminent pas. Nous pourrions toujours agir autrement si nous le voulions. Aussi nous sommes parfaitement libres.

B- Problèmes :
1- Il peut y avoir opposition entre la liberté de droit et la liberté de fait.
Nous pouvons affirmer que tout homme à droit à choisir librement la vie qui lui semble la meilleure pour arriver au bonheur cependant nous sommes obligés de constater que dans les faits peu de personnes autour de nous disent qu’elles sont heureuses.
Plus gravement, dans le monde peu de personnes sont effectivement libres de choisir le type d’existence qu’elles désirent. En effet les gouvernements fondés sur la liberté ne sont pas les plus nombreux.
C’est ce qui fait dire à Kant que les hommes sont dans une position tragique au sujet de la liberté. Car ils ne pourront jamais résoudre le hiatus qui existe entre la liberté de droit telle qu’ils la pensent et la liberté de fait telles qu’ils la vivent concrètement.
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2- la liberté morale et la liberté politique : voir livre texte de Kant
Il y a un problème dans la relation entre ces deux libertés, du point de vue des personnes qui ont la charge de la vie politique. En effet est ce que l’on peut exiger d’eux une rigueur morale absolue ? Que penser d’un chef de l’état qui serait uniquement moral et qui ne donnerait aucune dimension pragmatique à son action ?
Au contraire que penser d’un homme d’état qui fonderait son action uniquement sur des principes pragmatiques ? C’est à dire sur l’utilité et non aussi sur la morale.
On peut prendre le cas extrêmes des nazis qui ont organisés leur action politique uniquement autour des moyens qu’ils se donnaient de réaliser une idéologie fondés sur une règle : tu tueras. L’action politique avait exclu toute morale cela a donné le plus grand génocide du 20ème siècle si l’on compte que c’était le même principe qui fondait le système politique soviétique. En effet lorsque les relations entre les personnes c’est à dire la vie politique est fondée sur la terreur. On peut arriver à un certain ordre technique mais pas au bonheur.
Du point de vue des individus citoyens, que penser de ceux qui mettent le respect de leurs principes moraux et religieux au devant du respect des lois de l’état dans lequel ils vivent ?
Comment évaluer la légitimité de ces principes ?
D’un côté chacun doit pouvoir penser son bonheur d’après ses propres principes mais de l’autre il faut bien que règne un certain ordre auquel tout le monde doit se conformer pour que tous soient à même d’affirmer leurs propres principes du bonheur ? C’est à dire qu’il faut des lois qui limitent le pouvoir de ceux qui voudraient obliger les autres à vivre selon leurs principes moraux.
3-Que penser du libre arbitre ?
En effet que penser d’une liberté sans raisons ? Une liberté qui ne se connaît pas elle même n’est elle pas équivalente à celle de la pierre qui roule sur les chemins ?
( voir Spinoza)
On oublie la relation à l’autre qui nous relie à cet autre pour agir avec lui que ce soit pour le plaisir ou par obligation.
D’un autre côté penser que nous avons un libre arbitre c’est compter sur la possibilité d’être libre quel que soit le régime politique en place. Donc c’est aussi penser la possibilité de résister lorsque les libertés de droit sont menacées.

On en arrive donc à la nécessité de poser une limite aux libertés. En effet être libre ce n’est pas faire tout ce qu’on veut. Mais c’est faire ce que l’on doit d’un point de vue politique et juridique. C’est la seule manière de garantir l’égalité pour tous.
La liberté de droit implique donc une autonomie des personnes c’est à dire la capacité à se donner à soi même l’obligation de suivre les lois. Au fond cela revient à la liberté morale car si on ne peut se donner à soi même des principes de base qui favorisent ou s’orientent vers un bien universel, si on peut seulement se donner des principes qui concernent notre intérêt propre, on se heurtera immédiatement au fait que l’on vit ensembles pour le meilleur et pour le pire. On a donc tout intérêt à poursuivre le meilleur car comme le signale Kant le deuxième principe de la morale pourrait militer contre nous. (Voir les formulations de l’impératif catégorique Kantien.)
En effet si l’on utilise les autres à notre profit il se pourrait bien que lorsque l’on baisse sa garde on soit utilisé à son tour. Il est donc beaucoup mieux de considérer l’autre comme une fin, c’est à dire de le respecter que de l’utiliser.
La liberté morale est donc fondée sur une sagesse pratique qui d’un côté pose la nécessité des règles et de l’autre le libre arbitre.

Il y a un juste milieu et il réside dans notre capacité à juger par soi même de manière équitable et à être responsables de soi.

Conclusion

Nous avons besoin de règles et d’impératifs vécus comme des obligations intérieures et que nous pouvons transgresser. Car d’un côté ils manifestent notre dignité et d’un autre les limites de l’existence concrète. Aussi nous devons assumer nos choix et nos actions, être responsables sans nous réfugier derrière des habitudes, la tradition et d’autres hommes.

V LA RELIGION

Il s’agira pour nous d’analyser le fait religieux. Il y a une grande variété de religions, il nous faut chercher s’il y a un facteur d’unité, un caractère commun à ce phénomène qui est le religieux. Un critère d’unification du phénomène religieux existe-t-il ?
S’il existait devrions nous le chercher du côté de l’étymologie ?
Religion vient de religere. Ce mot a deux significations : recueillir ou réfléchir et relier.
Le premier sens renvoie à la foi intérieure et le deuxième au lien entre la religion et son objet.
Les questions qui se posent sont les suivantes : 1- la foi peut-elle être rationnelle ou est-elle irrationnelle ?
2- quel est la forme du lien entre la foi et le divin : immanent ou bien transcendant ?

A- L’immanence et la transcendance

On peut dire qu’il y a plusieurs manières de poser l’existence du divin. Soit on propose une figure non religieuse du divin comme l’a fait Descartes. En effet on cherche quelle est la cause de ce qui est et on démontre l’existence de Dieu comme étant cette cause. Descartes propose trois preuves de l’existence de Dieu. Dont l’une établi la certitude intelligible de l’existence de Dieu ou More Géométrico c’est à dire de manière mathématique et logique. Kant, dans Critique de la raison pure, l’accusera d’avoir produit des preuves abstraites de cette existence et non concrète.
Il va même montrer qu’il est impossible de donner une preuve parce que Dieu est essentiellement transcendant. C’est à dire qu’il est absent de la terre. Donc on ne pourra jamais donner une preuve concrète de son existence c’est à dire en donner un savoir par contre on peut croire à cette existence. Ce qui signifie que l’on peut interpréter d’après les écritures le sens religieux de la foi c’est à dire ce qui peut relier les membres de communautés religieuses. C’est d’ailleurs les divergences entre les interprétations théologiques que les philosophes des lumières tels Rousseau vont critiquer. Ce qui veut dire que croire en Dieu dans son cœur n’est pas forcément un acte religieux, la religion se structure à partir de la transcendance : l’absence du divin. Elle est donc la pratique d’une relation avec ce qui ne se montre pas, qui est invisible. C’est cet invisible qui porte le sens que l’on n’arrivera jamais à comprendre totalement mais que l’on pourra interpréter grâce à des signes : les miracles et les écrits qui sont aussi les signes ou traces de la parole divine.
Mais pour que ces interprétations soient capables d’instituer des communautés il faut qu’elles soient rationnelles.

B- La foi entre raison et déraison

Sil la foi est raisonnable elle risque de subir les critiques que Kant a formulé à l’encontre de Descartes mais si elle ne l’est pas alors la religion perd son fondement puisque la foi serait simple crédulité.
La foi se construit dans la solitude, c’est une relation directe avec le divin. Mais très vite cette solitude est insupportable et chacun recherche la compagnie d’autres croyants pour conforter sa foi. C’est la médiation par l’autre qui devient l’intermédiaire de la foi. On le voit dans les personnes du prêtre, du rabbin , du pasteur ou de l’immam.
La foi se construit donc dans un acte de confiance entre sujets de cette foi et non pas de croyance. On fait confiance à celui qui enseigne la religion.
Kant dans La religion dans les limites de la simple raison montre que la religion n’est pas irrationnelle parce que c’est un acte moral de croire, c’est un devoir d’ admettre l’existence de Dieu. La foi est de l’ordre de la certitude morale et non logique. Parce que autant on ne peut prouver que Dieu existe autant on ne peut prouver qu’il n’existe pas. Donc cette existence est une possibilité : on peut croire raisonnablement. C’est à dire qu’on peut vouloir croire. Ce n’est pas parce que l’on ne trouve pas d’objet qui corresponde à l’idée de notre croyance que l’on est obligé d’abandonner celle ci. Au contraire, car d’un point de vue universel on n’offense pas l’impératif catégorique qui impose la réciprocité et le respect d’autrui lorsque l’on a la foi.
C’est pourquoi on doit prêter attention au risque de manipulation et de sectarisme que peut faire courir la confiance aveugle dans l’autre.
Jankélévitch dans Le sérieux de l’intention souligne qu’il y a une différence entre la foi et la crédulité parce qu’il existe une foi initiale qui est de l’ordre de la grâce c’est cette part de la foi qui peut résister aux manipulations.
Il y a donc dans la question religieuse une autre dimension, qui est celle du sacré.

C- Le facteur d’unité du religieux.

Nous avons vu que la morale peut s’identifier au religieux mais que se passe-t-il lorsque l’on ne croit plus en Dieu ?
Nietzsche a dit : « Dieu est mort » dans le Gai savoir, or si l’idée de Dieu disparaît celle de péché disparaît elle aussi et tout est permis.
C’est pourquoi Freud dénonce l’amalgame entre le religieux et la morale. L’attitude de la foi n’existe-t-elle pas en dehors de la religion ?
Sartre dans l’existentialisme est un humanisme, montre que la question d’une référence transcendante se pose même sans religion. Les hommes cherchent des repères au delà du monde concret et cette recherche peut être apparentée à une inquiétude religieuse.
Aussi même l’athée manifeste le besoin du sacré.
Freud dans l’avenir d’une illusion interprète cette attitude comme névrotique. L’homme produirait l’illusion religieuse pour rendre plus supportable sa condition de faiblesse face à la nature. Ce serait un conflit intérieur entre nos désirs inconscients et nos désirs conscients qui produirait cette illusion qui sera dépassée lorsque l’humanité aura atteint l’âge adulte.
En fait on se rend compte que le sacré est le critère qui définit le mieux la religion comme attitude. Ce qui reste c’est une distinction entre l’ici bas et l’au delà quelle que soit l’attitude de la foi que ce soit la foi religieuse ou politique ou psychanalytique. Cette distinction permet de mettre en avant les caractères de sacré par opposition au profane qui est la clé du religieux comme le dit Mircéa Eliade dans Le sacré et le profane.

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Une réflexion au sujet de « LA MORALE, LE DEVOIR ET LE BONHEUR, LA LIBERTE, LA RELIGION »

  1. Discussion philosophique du 08/04

    Être libre, est ce faire tous ce qu’on veut ?

    Sophie : être libre c’est être indépendant sans nuire à autrui

    Laura : On est libre mais avec des limite sociale et juridique

    Lucas : la liberté c’est quelque chose où il n’y a pas de loi, sans limite

    Prof : liberté physique, morale

    Lucas : faire ce qu’on veut sans être arrêté alors qu’en réalité on n’a pas le droit, on est arrêté

    Prof : liberté privé, public, liberté de pensée

    Cyril : la liberté c’est individuelle, pas de liberté en groupe, obliger de mettre des régles

    Prof : liberté en soi, pour soi, l’idée de la liberté différente pour chacun

    Sophie : degrés divers de liberté

    Eiichi : l’homme va chercher le pouvoir donc il faut des règles qui pose souci à le liberté

    Prof : lien entre liberté et le pouvoir ?

    Marion T : On a des règles pour faire des choses normales. Dictatures où il y a plus de liberté.
    Degrés en fonction des régimes politiques.

    Prof : tu parle de normes sociale ?

    Marion T : Quand on sort de la norme les gens nous remarquent, nous regardent.
    Elles sont libres de s’habiller comme elles veulent.

    Cyril : il faut voir quelle sens on lui donne. Être libre aujourd’hui, c’est faire ce qu’on veut tant qu’on ne transgresse pas de règles.

    Lucas : les hommes préhistorique avaient une liberté que nous n’avons pas maintenant. Il y avait plus de liberté

    Sophie : la liberté est voulu en fonction des sociétés

    Lucas : aujourd’hui l’homme pensent être libre mais ne l’ai pas. Il y a de la censure. Liberté d’expression, de pensée

    Eiichi : Tout le monde veut être libre. Société donc liberté civile

    Prof : le système réprécif est là pour quoi ?

    Eiichi : Il y est car beaucoup de personnes ne respecte pas la liberté civile.

    Gabrielle : Si tout le monde était libre, cela deviendrait n’importe quoi. Il faut des règles.
    Pas de lois, pas de limites.

    Pauline : les règles sont nécessaire

    Marie P : On est obligé

    Sophie : pour le bien être général

    Prof : Qu’est ce que c’est le bien de tout le monde ?

    Pierrick : Le bonheur. On peut satisfaire tout nos désirs

    Violette : On veut toujours plus. On ne peut pas avoir tout nos désirs.
    Chose morale, plus immatériel. Ce qui nous rend heureux c’est d’avoir toujours un désir

    Prof : Et le désir désintéressé ? Le fait de faire plaisir à autrui peut-il nous rendre heureux ?

    Florian : oui mais ça dépend de la personne.

    Théo : Il attende quelque chose en retour donc ils sont moins libre.

    Cyril : ça peut nous rendre car désir de reconnaissance. Reconnaître que l’on est gentil.

    Prof : lien entre la liberté et le désir de reconnaissance ?

    Violette : quand on cherche à faire plaisir à quelqu’un on cherche à avoir de la reconnaissance donc ce n’est pas désintéressé. On a un intérêt.

    Sophie : satisfaction personnel d’aider autrui

    Prof : désir de spiritualité. Ce qui compte c’est d’être venu au secours de l’autre même si il n’en avait pas forcément besoin. Espèce de liberté fondamental. Aller jusqu’au bout, on ne cherche rien en retour
    Est-ce que c’est la meilleur des libertés ?

    Cyril : liberté d’expression

    Prof : liberté de circulation, liberté de fait (immatériel) liberté politique, de religion

    Cyril : Certaines lois sont la pour protéger la liberté

    Prof : on peut enfreindre la liberté de l’autre en jouant sur son psychisme. Qu’est ce que vous voyez d’autre comme liberté ?

    Sophie : liberté individuelle, pour le groupe, civile

    Prof : Dans notre culture, on a l’idée que la liberté vient avec la création pour ceux qui sont croyant.
    Libre arbitre.

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