LA PERCEPTION

LA PERCEPTION

INTRODUCTION

La philosophie Grecque et la science se sont constituées autour de l’idée selon laquelle : on ne connaît que ce qui est stable et fixe. Seule la raison peut en poser les principes et l’universalité. La sensibilité est rejetée ainsi que la perception, elles ne peuvent fonder un savoir rationnel. Y a-t-il réellement des raisons de douter du sensible ou bien sommes- nous sous le pouvoir de la raison lorsque nous le faisons ?

L’en jeu de ce problème est le monde et la connaissance que nous en avons : Pour accéder au monde et pour en avoir une connaissance faut-il rejeter la perception qu’on en a ou bien plutôt revenir à la sensibilité ?

On distingue le sensible de la perception. Le sensible est ce qui nous est donné à sentir, dans sa diversité alors que la perception est déjà une organisation du donné. La raison voit dans le sensible ce qu lui est opposé, le mouvant et le changeant elle voudrait le rejeter. Peut on supprimer les données des sens ?

Mais que voit-elle dans la perception ? Y voit elle une annexe de la raison ou bien la perception  tire -t-elle sa faculté unificatrice d’elle même ?

I LE REJET DU SENSIBLE

1-    Savoir c’est se détourner du sensible

La naissance de la philosophie et de la science est liée au refus du changement. Notre expérience du réel est contradictoire, notre raison a besoin de stabilité pour construire un savoir universel. On doit donc se détourner du sensible pour produire un savoir rationnel. Le savoir de l’être ou idée de l’être est à ce prix. Platon dans la République VI, nous fournit une analogie pour comprendre ce qu’il veut dire. C’est l’image de la ligne. Puis il nous en donne une allégorie, c’est celle de la caverne dans République VII.

Pour accéder au savoir on doit produire une ascension du sensible à l’idée, de l’opinion à la vérité. Cette ascension est un renoncement qui s’accompagne de souffrances et de regrets, c’est un travail.

De même G. Bachelard pense dans La formation de l’esprit scientifique, que le sensible est un obstacle à la constitution du savoir scientifique «  l’esprit scientifique doit se former contre la nature » il faut entendre contre la sensibilité.

Comment se séparer du sensible ?

 

2-    La critique du sensible

Il est nécessaire de fournir une critique du sensible pour pouvoir s’en débarrasser. C’est ce que fait Descartes. Il a affirmé que percevoir c’est juger. Après avoir dit que c’est l’âme qui sent, il remarque que la perception est une construction. Elle n’est pas réception d’images qui seraient les copies des objets, mais elle construit des images qui sont les signes  des objets. Elles sont les moyens de connaître les objets du monde mais ne leur ressemblent pas.(cf la Dioptrique) Cela signifie que les sensations ne suffisent pas à constituer une perception, c’est la pensée qui fonde sa possibilité.

En effet les qualités sensibles sont changeantes et précaires, l’imagination elle non plus ne peut nous aider à fonder un savoir puisqu’elle est limitée par le fait qu’elle se constitue en rapport avec la sensibilité. C’est l’entendement seul qui rend possible la connaissance du réel. Car il y a un réel. On ne peut le réduire. Il est en nous de manière innée sous forme d’idées. D’où vient le fait que l’on exclut le sensible de l’être ?

3-    La mathématisation du réel

Ce rejet est le résultat de la révolution Copernicienne, qui amena Galilée avant Descartes à réduire le monde à un ensemble de quantités mesurables à l’aide de l’outil mathématique. Le réel est une res extensa  ou chose étendue, dont les caractères sont la figure et le mouvement.

L’un comme l’autre veulent supprimer la notion de qualité par laquelle on caractérisait le réel antérieurement. Les qualités font appel aux sensations et à la sensibilité, elles sont changeantes. On ne peut y fonder un savoir, pour connaître la matière il faut en exclure le sensible.

Quel statut donne-t-on à la perception pour la rejeter ainsi ?

 

II LE STATUT DE LA PERCEPTION

1-    Percevoir c’est savoir

Dans ce contexte on sous entend que les sensations sont des unités simples et faciles à déterminer qui constituent une unité plus complexe qui serait la perception.

Or si l’on s’en réfère à notre vécu, lorsque l’on entend un morceau de musique, on n’entend pas chaque note d’une manière séparée pour ensuite les réunir. Comme nous le signale M.Proust, on entend une mélodie. La forme globale est ce que l’on perçoit. Descartes dira que lorsque l’on voit des hommes d’un fenêtre ; on juge que ce sont des hommes puisque on ne voit de fait que des formes vêtues de manteaux et de chapeaux. Mais M.M.Ponty reproche à Descartes d’associer la perception et le savoir. Dans ce sens on ne peut percevoir que de manière imparfaite. La perception est peut être  insuffisante pour connaître ; en quoi pourrait-elle l’être ?

2-    Les insuffisances de la perception

Hegel  dans La phénoménologie de l’esprit , nous montre en quoi la certitude sensible que nous donne la perception est insuffisante parce qu’immédiate. Notre perception nous met face à des certitudes, pourtant le réel tel qu’on le perçoit n’a rien à voir avec celui que nous décrivent les sciences. Or la vérité est du côté des sciences. Nous devons passer par la médiation des apprentissages de ce savoir pour connaître la vérité dans son devenir car la science progresse alors que nos sensations elles ne le font pas.

Pourtant Husserl montre que percevoir c’est établir des médiations dans le sens ou lorsque l’on perçoit un cube par exemple on anticipe la perception des faces du cube que l’on ne voit pas pour former une image cohérente de ce cube. Ce processus est une synthèse passive.

La perception est elle quelque chose de passif

3-    La perception active

Pour Aristote, c’est dans notre mémoire que se constitue cette synthèse à partir de la capacité que nous avons d’être affectés par le monde extérieur. Pour la pensée empiriste Aristotélicienne, l’homme est pensé comme passif dans son rapport sensible à la réalité. Mais la perception est rattachée à une activité rationnelle, celle de la mémoire qui évalue les ressemblances et les différences entre les divers éléments qui la constituent autrement dit c’es tune activité d’analyse qui constitue la perception. Aussi on peut mesurer la valeur de la perception de manière objective. C’est à dire que percevoir c’est connaître.

III La phénoménologie et la perception

1-    Le corps propre

Un être humain est aussi un individu qui se présente sous la forme d’un corps. Ce corps est le sujet de toutes les attentions car il est ce par quoi nous entrons en liaison avec autrui. Mais il est aussi l’objet du regard des autres. Or, pour nous présenter à autrui avec une certaine sérénité, il est besoin de constituer un schéma corporel unifié. Une image de soi globale. C’est le corps propre, qui fonde notre manière d’être au monde. Maurice Merleau Ponty, philosophe Français (1905-1961), a défini dans « la Phénoménologie de la perception », le corps propre, comme « un autre sujet », qui fonde l’identité subjective de l’individu.

2-La physiologie moderne

Quels sont les tenants de la physiologie moderne ?

Maurice Merleau Ponty  parle de Goldstein, Stein, Jean Lhermitte.

Ils découvrent qu’ un acte perceptif est toujours fonction de l’organisation,  de  « la mise en forme » préalable du cerveau. Il y a une forme qui se dessine dans le cerveau, et qui ne peut être décrite par l’intermédiaire de la notion de réaction à des stimuli. Ces physiologues aident M.MP à penser qu’une excitation ne peut être perçue si elle ne «  s’accorde pas avec un organe sensoriel ». Aussi la notion d’un corps comme objet partes extra partes qui réagit à des excitations qui proviendraient de l’extérieur vers l’intérieur, ne peut pas nous aider à comprendre comment «  un corps se lève vers le monde ». On doit recourir à l’expérience actuelle c’est ce que montre l’étude des lésions corticales dans la distinction des couleurs .p. 88. Car c’est le fait que les excitations ne s’organisent plus en un ensemble stable qui fait que la conscience ne peut plus distinguer les couleurs.

On peut remarquer qu’il y a au moins  deux manières de parler du corps.

Le corps partes extra partes et le corps vivant.

Le premier est le corps objet. C’est le corps humain en tant qu’il est matière. Dans ce sens, on le connaît par l’intermédiaire des lois de la physique et de la chimie, il est décrit par la physiologie mécaniste. Ces mêmes lois qui permettent de décrire la matière inerte. C’est le niveau objectif de notre connaissance du corps.

3-la physiologie mécaniste

a- historique

La physiologie est l’étude de l’anatomie des corps vivants. C’est Jean Fernel qui en 1554 dans Universa Medicina utilise ce mot pour désigner la science des fonctions du corps humain. C’est une discipline de la médecine qui fonde la pathologie.

Le présupposé de sa démarche est que les êtres vivants ne sont que des mécanismes ainsi on peut démontrer qu’ils obéissent aux lois fondamentales de la physique et de la chimie.

La révolution chimique a permis de transformer la physiologie, la physique lui fournit ses instruments ( microscope, baromètre, pompe à vide …)

Les lois de la physique sont des modèles analogiques de certaines fonctions de l’organisme vivant. Par exemple Lavoisier découvre la fonction de la respiration en prenant pour modèle la combustion lente. Il voit dans la respiration un régulateur de la chaleur, et il la mesure avec le calorifère à glace qu’il invente avec Laplace.

Dans ce contexte on réduirait le corps comme objet de la physiologie à être partes extra partes c’est à dire étalé dans l’espace. On utilise pour expliquer son fonctionnement l’idée selon laquelle, le corps réagit à des excitations et que sa réponse est un acte réflexe d’adaptation

b-    le comportement

Pavlov Ivan Petrovitch étudie la physiologie à la fin du 19ème siècle à St Pétersbourg. Pour lui on doit pouvoir trouver  « un phénomène psychique élémentaire qui en même temps, pourrait être considéré comme un phénomène purement physiologique »

L’idée est de constituer un tableau complet de l’activité psychique. Il met en évidence les réflexes conditionnés. Il découvre que la sécrétion des glandes salivaires par exemple, sont directement liées avec des facteurs physiologiques. C’est à dire que l’organe réagit à une excitation externe : le chien salive en voyant de la viande. Mais si on lui présente la viande en même temps  qu’un bruit : un sonnerie, alors le chien salivera en entendant le bruit au bout d’un certain temps. Il montre ainsi qu’un excitant peut provoquer un processus d’excitation ou d’inhibition. On dit qu’il y a excitation quand la stimulation entraîne une réponse et inhibition quand il n’y en a pas. Et il arrive même à provoquer un état de névrose expérimentale. En mettant en action des processus d’excitation et d’inhibition de manière très rapprochée par exemple en montrant de la viande avec un sonnerie qui indique normalement autre chose que la présentation de viande. On crée alors un conflit entre excitation et inhibition et l’animal ne sait plus quelle réponse donner. Il est figé. Pavlov espère expliquer les névroses humaines à l’aide de ces expériences mais si on peut expliquer les névroses de guerre et les névroses industrielles on ne peut faire une analogie avec la névrose humaine dans sa complexité. La réflexologie s’oppose à la psychanalyse. Pavlov tente d’évacuer toute donnée psychologie dans ses analyses physiologiques.

Le corps est « un objet qui agit sur des récepteurs et donne lieu à la conscience du corps ». Il redevient une machine, comme le dit M.M.P. Il n’y a donc plus de conscience psychique et de sujet pour la pensée. Il reste un corps mécanique en lien mécanique avec le monde qui n’est pas le corps vécu. Celui à partir duquel s’effectue le regard. La physiologie moderne porte un autre regard sur la perception.

VI-  Le vivant, la matière et l’esprit

Le niveau du corps vivant implique une  relation entre le corps et son milieu. Quelle est la forme de cette relation ?

M.MP prend l’exemple de l’amputé pour montrer que l’on ne peut expliquer le vécu de celui ci sans introduire de déterminations psychiques dans cette explication.

De la même façon L’anosognosie exige aussi une explication psychique. Puisque on ne trouve aucune cause physique qui ferait que l’on pourrait ignorer une partie de notre corps. On doit par contre renvoyer au refus d’assumer un état, celui de paralysie.

On doit donc pouvoir « intégrer » nous dit M.MP l’explication physique et l’explication psychique, leur permettre de se rencontrer.

Parler du corps en philosophie peut sembler une idée étrange. Car l’intellectuel est plutôt celui qui cherche à s’échapper de son corps pour entrer dan le royaume des idées, de l’esprit. Dans le dictionnaire Lalande on trouve cette définition : corps humain : par opposition à l’esprit.

En effet l’esprit n’est il pas ce qui résiste à la matière, qui veut résister aux tentations du corps à ses séductions ? Parler du corps s’est  se situer en deçà des activités qui honorent l’humain.

a-    La tradition philosophique : le refus du corps

La tradition philosophique occidentale en général n’aime pas le corps. Il est ce qui empêche l’esprit de se libérer, de se maîtriser. Le corps est du côté des désirs et des pulsions, de l’animalité. Platon dans La république 7 « L’allégorie de la caverne » montre que le philosophe doit s’échapper de la matérialité du corps pour accéder au monde des idées, qui est la seule vérité. Même Pascal qui souffrait de maux terribles voit le corps comme ce qui doit être dépassé. Le corps était regardé comme ce qui nous enchaîne à nos désirs et l’homme devait se définir comme celui qui résiste à ces désirs. Descartes reprend cette logique, lorsqu’il dit que les sens nous trompent parfois et peuvent nous tromper toujours alors que l’esprit pur le conduit à l’affirmation de son existence certaine, au cogito.

Mais est ce le seul versant de la tradition philosophique ?

b-    La tradition philosophique : la valeur du corps

Epicure fonde le bonheur sur la tranquillité de l’âme on ne doit craindre ni les dieux , ni les hommes et rechercher les plaisirs simples et naturels de l’existence. C’est un hédonisme, une morale du plaisir non pas débridé mais mesuré. Spinoza pensait  que l’esprit est l’idée du corps. Nietszche a l’intuition de la place essentielle du corps dans l’existence mais aussi dans la pensée humaine. « La pensée doit penser la vie, elle doit penser le corps » dit  G. Deleuze philosophe contemporain mort en 1996 ; écrit dans : Différence et répétition

c-    Le problème aujourd’hui

Si le corps est devenu une question centrale de la philosophie c’est parce que derrière elle se joue la question de la dissolution de l’homme ou de l’humanisme. Emettons l’hypothèse que l’homme ne soit plus qu’un corps et que le corps puisse se dissoudre dans un monde indifférencié, le monde indifférencié des machines. Alors l’esprit ne serait plus dans son fonctionnement que le corps en fonction. C’est la pensée matérialiste.

1-    L’homme neuronal :

La théorie cognitiviste,  aboutit à réduire la pensée  à une espèce de connexion entre neurones. C’est un système complexe mais pas très différent techniquement et scientifiquement d’autres systèmes mécaniques plus aisés à décrire et à comprendre. L’esprit ne serait pas seulement l’idée du corps, il serait du corps qu’il s’agirait de décrire comme tel.

Entre le corps et la machine aujourd’hui la distinction n’est plus très nette. L’homme a inventé l’outil qui prolonge la main. Mais la machine est radicalement différente, car elle imite le corps et le corps l’imite.

La philosophie a cherché à se rassurer en rabaissant la machine qui comme l’ordinateur est fondé sur une logique binaire, très simple et très éloignée des facultés de l’esprit humain. L’ordinateur peut fournir une syntaxe mais pas une sémantique qui caractérise l’activité de l’esprit humain. L’esprit humain produit des significations.

Mais le développement de l’intelligence artificielle permet aujourd’hui aux machines d’intégrer les processus aléatoires à la logique binaire. On cherche à réduire les processus les plus élaborés de l’esprit pour les reproduire en machine. Comme si la machine devait pouvoir elle aussi intégrer une forme sémantique.

La philosophie anglo-saxonne, a réfléchi à ces questions depuis longtemps, elle affirme que les problèmes philosophiques traditionnels peuvent être intégrés à une analyse neurophysiologique, aux sciences cognitives ou à l’intelligence artificielle. Donc la philosophie en tant qu’activité spirituelle perd son sens.

2- le corps et la  technique :

Le monde contemporain serait celui de la réduction de l’esprit à la matière. La technique abolit la distance entre le corps et la machine. Du coup le corps devient une chose parmi les choses, c’est ce qu’il nous faut penser aujourd’hui.

D’un côté le corps peut être conçu est complété par la machine. On peut intégrer au corps aujourd’hui toute une série d’objets techniques ( prothèses), l’image de la science fiction, celle de l’homme bionique devient une possibilité technique.

D’un autre côté le corps devient lui aussi un objet technique puisque les éléments du corps peuvent être utilisés à de multiples fins. Le génie génétique permet aujourd’hui de vendre et de breveter les éléments corporels( cellules, placenta, cheveux etc…), vendre et breveter le patrimoine de l’humanité. Le corps est dépecé et la technique l’utilise pour le faire entrer dans l’univers du commerce.

On abolit les frontières entre le corps et la machine.

Une question se pose alors : quand le corps se vend non pas que l’homme vende son corps ce qui est encore un geste humain, mais que les éléments du corps puissent se vendre être dépecés  est-il encore possible d’individualiser le corps humain ?

Le droit s’interroge : le corps est-il encore ce qui relève de la personne ou selon la distinction classique en droit, le corps appartient-il dorénavant au règne des choses ? On cherchera donc à articuler la question du statut du corps  avec le principe de la dignité de la personne humaine dont le conseil constitutionnel a affirmé récemment qu’il était précisément un principe à valeur constitutionnelle.

3 – Le corps et autrui

A travers la question du corps vivant nous rencontrons  la question de l’homme. La question du corps est bien la question de la personne et de son rapport à autrui. Car si le corps humain devient un corps animal, un simple phénomène physico-chimique, s’il peut entrer dans le commerce, comme les choses, s’il ne se distingue pas des objets techniques, la question de la responsabilité de la personne, celle de la conscience vis à vis de son propre corps devient urgente.

La question du statut du corps devient au sens noble une question politique. Ce que doit être le corps, ce que nous voulons que le corps soit, c’est précisément ce que la société doit affirmer et définir. De quelle conception de l’homme voulons-nous protéger le statut ? La place que nous donnons au corps est déterminante pour définir cette conception. Car penser le corps c’est penser l’être humain

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